Boom du véhicule électrique : comment l’assistance répond aux nouveaux besoins ?

La montée en puissance des véhicules électriques (VE) transforme profondément la mobilité individuelle en Europe. En France, les véhicules 100 % électriques ont représenté près de 24 % des ventes de véhicules neufs fin 2025, et plus de 29 % pour le 1er semestre 2026. Cette progression s’explique notamment par le succès du leasing social, le soutien des politiques publiques et l’effet de la flambée des prix des carburants liée au contexte géopolitique.
Cette électrification accélérée modifie en profondeur la nature des usage, et par conséquent, les besoins en assistance automobile1. Autonomie, recharge, incidents spécifiques et usages saisonniers, notamment estivaux, redessinent les attentes des conducteurs et appellent de nouveaux services d’accompagnement.
Contrairement aux véhicules thermiques, les véhicules électriques (VE) comportent moins de pièces mécaniques, ce qui se traduit par une meilleure fiabilité mécanique globale. Les données de l’ADAC, qui a analysé plus de 3,7 millions d’interventions en Allemagne en 20252, montrent que les véhicules électriques récents tombent globalement moins souvent en panne que leurs équivalents thermiques à âge comparable.
Cependant, lorsqu’un incident survient, il est plus fréquemment immobilisant. Selon une étude européenne menée auprès de 30 000 conducteurs, environ 40 % des pannes de véhicules électriques nécessitent un remorquage, contre 29,6 % pour les véhicules essence, en raison de pannes liées à la batterie de traction ou à l’électronique de puissance.
Les causes principales d’intervention restent liées à l’énergie et à l’électronique : gestion de la batterie, systèmes de charge, bugs logiciels, ou encore batterie 12 V, responsable de 45,4 % des interventions toutes motorisations confondues selon l’ADAC3.

    L’autonomie reste la première source d’inquiétude des conducteurs de véhicules électriques. En conditions réelles, elle varie fortement selon la vitesse, la température et les usages à bord. Une analyse menée par Geotab sur plus de 3 millions de trajets montre qu’à 130 km/h, un véhicule électrique peut perdre jusqu’à 30 à 40 % de son autonomie par rapport à une conduite à 80 km/h, même en conditions estivales, l’effet de la climatisation restant secondaire face à celui de la vitesse4.

    En été, l’ADAC a également mesuré qu’un véhicule immobilisé dans des embouteillages sous 35 °C, climatisation activée, consomme 1,3 à 1,5 kWh par heure, soit environ 2 % de batterie par heure.
    Ces écarts entre autonomie théorique et réelle expliquent une hausse des demandes d’assistance pour :
    - pannes par batterie insuffisante,
    - erreurs d’anticipation de recharge,
    - indisponibilité ou saturation des bornes, notamment sur les grands axes.

    12 %  de nos interventions automobile concernent des véhicules électriques et hybrides
    Top 3 des causes d'interventions sur les véhicules électriques

    Les usages estivaux accentuent ces fragilités. Les longs trajets concentrés sur des périodes courtes mettent sous tension les infrastructures de recharge. En France, on comptait 126 000 points de charge accessibles au public en mai 2025, en hausse de 69 % en 14 mois, mais avec de fortes disparités territoriales, particulièrement en zones touristiques et périurbaines5.

    À l’échelle européenne, plus de 550 000 points de recharge publics6 sont disponibles, mais leur répartition reste inégale, entraînant des phénomènes de saturation ponctuelle durant l’été ou les périodes de forte circulation.
    Dans ce contexte, les sociétés d’assistance observent une augmentation des sollicitations. En France, plus de 8,1 millions d’interventions d’assistance automobile ont été enregistrées en 2024 (+4 %), avec une part croissante de véhicules électrifiés dans les dossiers7.
     

    Ces évolutions imposent une transformation du modèle d’assistance. Les attentes des conducteurs de VE dépassent le simple dépannage ; ils recherchent un accompagnement continu, avant, pendant et après l’incident.

    Plusieurs leviers se dessinent :

    • Prévention et pédagogie : information sur l’autonomie réelle, les effets de la vitesse et de la température, planification de trajets intégrant la disponibilité des bornes.
    • Assistance hautement qualifiée : diagnostic à distance, orientation vers des remorqueurs et garages adaptés, support technique spécialisé VE.
    • Solutions alternatives au remorquage : recharge mobile ou de dépannage, afin de limiter les immobilisations longues.

    Expérience client renforcée : suivi en temps réel, communication proactive, solutions de mobilité ou d’hébergement adaptées lors des grands départs estivaux, priorisation de véhicule électrique de remplacement si le client le souhaite.

    Autonomie variable, dépendance à l’infrastructure de recharge, incidents électroniques et usages saisonniers redéfinissent les attentes des conducteurs. En passant d’une logique purement curative à un parcours d’accompagnement global, les acteurs de l’assistance jouent un rôle clé dans la confiance et l’adoption durable du véhicule électrique, en particulier lors des moments critiques comme les périodes de vacances et les longs trajets.

    40 % des pannes véhicules électriques et hybrides nécessitent un remorquage
    Durée moyenne d'immobilisation des véhicules électriques et hybrides